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Grand Raid de la Réunion : Un truc de fous !

Article écrit par le 28 nov 2009 dans la catégorie : Diagonale des Fous, récit   -  

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Grand de la Réunion : Un truc de fous !

Mercredi 21 octobre, 15h30, stade de La Redoute (Saint-Denis)

C’est le premier grand rendez-vous pour tous les  » fous  » qui vont disputer le Grand Raid. Au programme, retrait des dossards. Les favoris se débarrassent rapidement de cette corvée alors que tous les autres restent un peu sur la pelouse du stade pour humer l’ambiance. L’occasion d’essayer de comprendre pourquoi on se lance dans une telle aventure.  » Par passion « ,  » par amour de la souffrance « ,  » pour connaître ses limites « , chacun a sa propre motivation. Mais tous ressentent une appréhension. Même pour Sergio Garcia, ancien footballeur professionnel du Matra Racing, de Albacete et de Majorque, la pression est grande.  » Je ressens énormément de stress. J’ai joué dans des grands stades, comme le Camp Nou ou Santiago-Bernabeu. Mais, pour moi, le Grand Raid, c’est multiplié par dix au niveau émotionnel. C’est énorme. Ça fait cinq jours que je dors mal. « 

Jeudi 22 octobre, 22h30, stade de la Vallée, Cap Méchant (commune de Saint-Philippe)
Dans une heure et demie sera donné le départ de la 17e édition du Grand Raid. Il pleut à torrent sur le Cap Méchant. La plupart des coureurs sont à l’abri sous le grand chapiteau blanc prévu par les organisateurs. Placé en tête de cortège, Julien Chorier, habitué des ultra-trails et annoncé parmi les favoris. Il se demande ce qu’il  » fout là « . À minuit, la pluie est toujours aussi intense. Les 2 497 fêlés sont lâchés. Enfin presque. Quelques prudents décident d’attendre une accalmie pour ne pas vivre la première heure de course sous ces trombes d’eau.

Vendredi 23 octobre, 3h30 du matin, La Plaine des sables – 30 km
Le froid a remplacé la pluie. Il ne fait pas plus de 5° C sur le  ! Peu importe, près de trois cents voitures se sont agglutinées au Piton de la , premier point de contrôle. Vers 3h45, les lumières des lampes frontales annoncent l’arrivée des premiers concurrents. En tête, Nicolas Mermoud. Le Métropolitain
est bien entouré. Les locaux, Didier Mussard, Richeville Esparon ou encore Freddy Thévenin, sont là mais ne s’attardent pas. Il est 3h51 et Julien Chorier arrive à son tour. Le Chambérien prend le temps de se changer avec l’aide de sa femme, Céline, et d’Anaïs, sa fille, trois ans. Embarquées dans cette course folle, elles assureront son assistance jusqu’à l’arrivée. Idem pour Céline Pommeret et ses deux filles, Laura et Léa. Lorsque Ludovic pointe le bout de son nez vers 4 heures du matin, toute la famille est à l’oeuvre. Un petit bisou et c’est reparti. Jusqu’à 9h30, les  » fous  » défilent un à un sur le volcan. Le premier abandon sera pour Jean-Hugues Vos, de Saint-Denis, pourtant neuvième en 2008. Mais le Dionysien a été ébloui par les lumières du poste de ravitaillement. Victime d’une chute, il saigne abondamment de la tempe. Les médecins ne le laissent pas repartir.

8h31, gîte du Piton des neiges – 62 km
Didier Mussard se présente en dixième position au point culminant de la course (2 484 m). Mais le meilleur espoir de victoire pour La Réunion a le moral en berne. À cause d’une lampe frontale en panne, le deuxième de l’édition 2008 a été victime de plusieurs chutes au cours de la nuit. Ses chevilles le font souffrir. Il abandonnera à .

9h00, sortie de Cilaos – 69 km
Cilaos, c’est l’épreuve de vérité du Grand Raid, l’endroit où les moins bien préparés finissent par s’avouer vaincus. Les Réunionnais animent toujours les débats. Après 8 heures et 47 minutes de course, Freddy Thevenin et Richard Técher passent les premiers, suivis de Julien Chorier.

9h59, pied du Taïbit – 76 km
Le froid et la pluie ont laissé des traces sur les organismes. Freddy Thévenin est toujours devant, mais il doit s’arrêter pendant plus d’un quart d’heure pour récupérer. Julien Chorier en profite pour repartir en tête. Le Chambérien ne le sait pas encore mais il ne la quittera plus.

11h56, Marla – 82 km
La tactique de Ludovic Pommeret et Sébastien Chaigneau commence à payer. Les deux hommes, qui ont décidé de faire la course ensemble, pointent en cinquième et sixième positions. Mais Chaigneau, deuxième de l’Ultra Trail du Mont-Blanc en août dernier, est blessé. Il abandonne son compagnon de route. Coup dur.

18h23, stade du Dos-d’Âne – 128 km
Julien Chorier est dans la dernière difficulté de la course. Il compte plus d’une heure d’avance sur son dauphin, Ludovic Pommeret. Sauf blessure, il remportera pour la première fois le Grand Raid. Mieux, il est dans les temps pour battre le record détenu par .

22h09, stade de La Redoute (Saint-Denis) – 147,8 km – Arrivée
Julien Chorier a géré sa descente vers Saint-Denis. Le Chambérien n’établit pas de nouveau record et se  » contente  » de la victoire. Sur le podium, il est accompagné par deux autres métropolitains, Ludovic Pommeret et Antoine .

SPORTWEEK / Vincent Davoli – Plus d’infos sur sportweek.fr

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